La problématique de l'exploitation des hydrocarbures n'est pas nouvelle, comme l'ont rappelé les membres de la société civile, dans une déclaration faite lors d'une conférence de presse à Goma, ce mercredi 30 octobre 2024. Ils dénoncent les dérives du processus depuis son lancement. À leurs yeux, la procédure a été caractérisée par un mépris flagrant pour l'avis des communautés locales, dont le bien-être, au lieu de constituer une priorité, semble avoir été relégué au second plan.
Les promesses de développement, selon eux, souvent évoquées par les autorités, n'ont pas trouvé d'échos concrets sur le terrain malgré une mobilisation des habitants, qui aspirent à des bénéfices tangibles. Le manque de transparence et de respect des lois en vigueur a permis de mettre en lumière des dérives préoccupantes, qui, non seulement mettent en danger la vie des populations locales, mais aussi menacent des écosystèmes fragiles et une biodiversité inestimable. Ces éléments, tous essentiels pour l’équilibre environnemental du pays, sont préjudiciables à une économie déjà vulnérable.
Cet appel d’offres en question, qui a suscité de vives inquiétudes, aurait, en effet, exposé la RDC à des risques économiques considérables. Les irrégularités relevées dès le début du processus, notamment, le fait que 27 blocs mis aux enchères n’aient jamais été validés par le Conseil des ministres, constituent des violations flagrantes des lois sur les hydrocarbures. Pire encore, plusieurs de ces blocs sont localisés dans des zones protégées, ce qui va à l’encontre de la législation environnementale clairement établie. La déclaration de la société civile vise conséquemment à saluer l’annulation partielle de l’appel d’offres, tout en réaffirmant une résistance totale contre toute exploitation pétrolière et gazière en RDC.
Les organisations de la société civile insistent sur le caractère désastreux que pourrait avoir une telle exploitation sur la vie des Congolais, en menaçant la sécurité alimentaire, la préservation de la biodiversité, les droits fonciers et l’intégrité des régimes de pêche. Les conséquences de l'exploitation des hydrocarbures pourraient également nuire considérablement à la lutte contre le changement climatique, un enjeu qui excède les frontières nationales.
Ainsi, la société civile appelle à un abandon définitif de tout projet futur visant à attribuer de nouveaux droits d'exploitation d'hydrocarbures, tout en demandant l’annulation des contrats de partage de production déjà signés pour les blocs gaziers.