Kinshasa, mégapole de plus de 15 millions d’habitants, est confrontée à un défi environnemental majeur. L’accumulation des déchets, visibles dans presque tous les quartiers, a transformé la ville en un immense dépotoir à ciel ouvert. Les causes de ce fléau sont multiples : croissance démographique galopante, absence de politique de gestion des déchets efficace, et manque de sensibilisation des citoyens.
Chaque jour, Kinshasa produit plus de 7800 tonnes de déchets solides, mais peu d’entre eux sont correctement traités ou recyclés. Les ordures s’accumulent sur les trottoirs, dans les caniveaux et même dans les rivières, menaçant l’écosystème local. « On ne peut plus marcher dans certains quartiers sans voir des tas d’ordures », se plaint Freddy Kambale, un habitant de la commune de Kintambo. « C’est inadmissible, et ça affecte notre qualité de vie », a-t-il regretté.
La plupart des habitants se retrouvent impuissants face à cette situation. Faute des solutions adaptées, beaucoup jettent leurs ordures dans des endroits non autorisés. « Nous n’avons pas le choix. Il n’y a pas des poubelles, ni de centre de collecte accessible », explique Jeanne Musafiri, vendeuse au marché Sakombi.
Face à cette situation critique, les organisations locales appellent à des mesures urgentes pour rendre la ville plus durable. Certaines initiatives commencent à émerger, comme ramasser les ordures sur les artères principales. « Nous devons encourager ce type d’initiative pour réduire l’impact des déchets », déclare Samy Ilunga, coordinateur de l’ONG DYJEDD. « Les Kinois doivent prendre conscience de l’impact de leurs actions sur l’environnement », a-t-il conclu.
Alors que la crise des déchets continue de s’aggraver, un changement d’attitude, couplé à des politiques efficaces, pourrait offrir à Kinshasa un avenir plus propre.