Le ministre des Hydrocarbures, Molendo Sakombi a annulé le processus d’appel d’offres des 27 blocs pétroliers, lancé depuis juillet 2022 par son prédécesseur Didier Budimbu. Selon les raisons avancées par l’actuel patron des Hydrocarbure, ce processus a été entaché de certaines irrégularités à savoir : une absence de candidatures, des offres non recevables, des cas de dépôts tardifs, des offres inappropriées ou irrégulières, un défaut de concurrence.
Or, depuis le lancement de cet appel d’offres en juillet 2022, plusieurs organisations de la société civile étaient montées au créneau. Ces organisations décriaient les risques environnementaux et sociaux pouvant découler de cette décision ainsi que le manque de transparence dans le processus d’acquisition de ces blocs pétroliers.
Cette position contraire avait poussé ces organisations dont la plupart œuvrent dans la défense de l’environnement à tenir des marches de protestation et des conférences de presse afin d’obtenir l’annulation de cet appel d’offres. Elles craignaient les risques de la destruction de l’écosystème et de la biodiversité mettant en danger la population périphérique à cause du non-respect des normes par les exploitants.
Pour Molendo Sakombi, ce sont plutôt ces irrégularités évoquées ci-haut, contenues dans les rapports de validation respectifs de la commission ad hoc chargée de l’organisation de cet appel d’offres, qui ont poussé le ministre des Hydrocarbures à stopper ce processus. « Fort de ce qui précède, je suis dans l’obligation de déclarer l’annulation du processus en cours et ce, à partir de la publication sur le site web du ministère et, en même temps, je décide de mettre en place le mécanisme pour relancer incessamment la même procédure », a-t-on lu dans le communiqué n° M-HYD/ASM/001/CAB/MIN/2024.
Rappelons qu’en novembre 2023, Greenpeace avait révélé, citant une enquête de ‘’The Bureau of investigative journalism, (TBJI)’’, une attribution frauduleuse du bloc gazier Lwandjofu à une start-up canadienne. Cette organisation de la défense environnementale avait récusé le processus d’appel d’offres pétroliers et gaziers, l’accusant de l’opacité.
Dans cette même dynamique, Claudel Lubaya, député national à l’époque, avait emboité les pas aux organisations de la défense environnementale pour dénoncer le manque de transparence autour de l’appel d’offres de 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers et le manque d’estimations précises de ces ressources qu’il estimait sous-évaluées. Pour lui, le risque encouru était le bradage de ces ressources naturelles.
Cependant, Molendo Sakombi, lui, compte relancer la même procédure avec un nouveau mécanisme. Il appelle les candidats ayant soumissionné de prendre contact avec la commission ad hoc pour les modalités pratiques. Signalons qu’au cours du 17eme conseil des ministres, le ministre Molendo Sakombi avait déjà martelé sur la nécessité d’arrêter la procédure d’appel d’offres en cours pour lancer une nouvelle en vue de permettre au gouvernement d’éviter les difficultés majeures relevées au regard des préalables à la procédure, du déroulement de la procédure et de l’évaluation des candidatures en phase de présélection.
Aujourd’hui, avec l’annulation de ces offres, les organisations de la société civile gagnent finalement cette bataille qui aura duré deux ans.