- George Herady
- 2025-12-11 10:19:55
La montée spectaculaire des eaux du Lac Tanganyika n’est pas sans conséquence face aux activités de la pêche en RDC. Ce phénomène préoccupe au premier rang le ministre congolais de la Pêche et élevage. Jean-Pierre Tshimanga a porté haut la voix de son pays en lançant un appel pour remédier à cette catastrophe naturelle provoquée par le réchauffement climatique.
C’était lors de son speech, à la session extraordinaire de la conférence des Ministres de l’Autorité du Lac Tanganyika, ALT à Dar-es-Salam, en Tanzanie. ALT est une organisation régionale qui regroupe la Tanzanie, la Zambie, le Burundi et la RDC ; quatre pays qui partagent en commun les eaux du Tanganyika, un lac très poissonneux avec environ cent vingt espèces endémiques.
Comme solution de remède, le patron de pêche congolais propose entre autres le dragage, deux fois par an, du lit de la rivière Lukuga, unique exutoire du lac Tanganyika, pour le contrôle des inondations et la sécurité de l'eau. Aussi, la réalisation en urgence d’une étude de faisabilité sur la construction d'un barrage sur cette rivière afin de réguler les niveaux d'eau du lac. « La RDC mon pays, prend acte de toutes les recommandations émises par les experts techniques telles que contenues dans leur rapport présenté aux représentants des états Membres de l’ALT et les partenaires », a-t-il dit.
Quant aux solutions à court terme, Jean-Pierre Tshimanga Buana a recommandé la mise en place d’un plan d’urgence en cas de catastrophe, avant d’insisté sur la nécessité d’avoir des systèmes d'alerte précoce au niveau local afin d'alerter rapidement les communautés en cas d'inondation potentielle ou d'autres risques. Egalement, l’évaluation des données hydrométéorologiques, hydrologiques, hydrogéologiques et autres données environnementales au niveau tant national que régional.
Pour le ministre Tshimanga Buana, qui du reste, prendra les commandes de la présidence tournante de la Conférence des Ministres de l'ALT en décembre prochain ; l’élaboration d’un rapport complet sur l'état du bassin du lac Tanganyika, le lancement d'un programme de restauration des zones dégradées par le reboisement, la conservation des sols et le contrôle de l'érosion dans les bassins versants, la cartographie des zones sensibles aux inondations et à la sécheresse, sont entre autres mesures à moyen terme qu'il faille observer pour éviter tout débordement des eaux du lac Tanganyika.
Prenant la parole, en appui au Ministre - après examen et adoption de ses recommandations - Sylvain Tusanga Mukanga, Directeur exécutif de l'Autorité du Lac Tanganyika a fait savoir qu’ il existe des mesures idoines à prendre, dont l’harmonisation du cadre juridique et réglementaire de la zone tampon pour les quatre pays riverains, en tenant compte des niveaux d'alerte ( niveau des crues de 100 ans récentes) ainsi que l’harmonisation des procédures et normes de surveillance de la qualité de l'eau après la réalisation des études scientifiques et autres socio-économiques.
De leur côté, les partenaires ont promis de se déployer pour la promotion des pratiques durables d'utilisation des terres. Il s’agit de la reforestation dans les bassins versants du lac afin de réduire l'érosion, améliorer la rétention de l'eau et promouvoir des moyens de subsistance durables, dont l’agriculture adaptée au climat, la pisciculture, écotourisme, etc.
Ils ont ensuite recommandé que tous les nouveaux projets comportent une composante relative à la restauration des zones dégradées et des infrastructures, tout en insistant sur la restauration des écosystèmes dégradés dont les rivières Malagarasi et Rufubu, les lacs ainsi que les zones humides.