- Georges HERADY
- 2025-12-22 07:42:21
Le gaz carbonique libéré par les automobiles y est important. A Kinshasa, c’est quelques deux millions de voitures en circulation, d’après les estimations, plusieurs étant vétustes et mal entretenus. L’étude de l’OMS note 63,2 microgrammes par mètre cube des particules fines (PM 2,5) qui circulent dans l’air kinois. Autre source de gaz : les générateurs électriques, alternative aux coupures d’électricité et au délestage.
En effet, seuls 15% des congolais sont connectés au réseau électrique national, selon le directeur de la Société nationale d’électricité, SNEL. Chacun gère donc ces déchets comme il veut, plusieurs préférant les brûler. C’est sans compter la poussière que soulève le vent. Dans un tel environnement, il peut arriver pire, l’air joue un rôle de transport. « L’humidité que nous avons dans l’atmosphère transforme des produits chimiques : le dioxyde de souffre, par exemple, peut facilement devenir de l’acide sulfurique en se combinant avec la vapeur d’eau ». On comprend alors que « ce qui était un polluant primaire devient un polluant secondaire, et donc beaucoup plus dangereux ».
Des morts en Afrique
L’impact de toutes ces pratiques sur la santé est important, à Kinshasa, on dépiste des substances cancérigènes dans les urines, notamment du plomb. Certains médecins pensent que cela vient du gasoil non brûlé dans les automobiles. Le carburant sale, celui qui contient du plomb, en effet, ne brûle pas suffisamment dans le moteur. Tout cela finit dans l’air.
D’après l’OMS, la pollution de l’air est à l’origine de près de 200.000 décès chaque année en Afrique. Si la tendance actuelle demeure, le continent devrait atteindre 600.000 décès, en 2050. Dans le monde, ce sont 3 millions de personnes qui en meurent chaque année. L’OMS a établi que la pollution de l’air cause le cancer de poumon, de vessie, des cardiopathies ainsi que des accidents vasculaires. Certains milieux hospitaliers congolais ne rassurent malheureusement pas, en matière de qualité de l’air intérieur.