RDC : Le Parc national de la Garamba promeut la cacaoculture durable

Plus de 600 producteurs locaux bénéficient de l’encadrement technique du Parc national de la Garamba en cacaoculture durable avec le soutien de l’Union Européenne et de l’USAID. Cette initiative améliore non seulement les moyens de subsistance locaux mais contribue également à la préservation de la biodiversité grâce à des pratiques agricoles durables. Avec pour objectif d’autonomiser les communautés locales et d’améliorer leurs moyens de subsistance, le parc national de la Caramba dispense des plantations et des ressources de cacao. A ce jour, en collaboration étroite avec deux ONG locales, CDJP et OPED ; le parc a déjà établi près de 450 hectares des cacaoyers, montrant les progrès rapides et la détermination de la communauté envers cet entrepreneuriat vert et durable. Le projet vise à étendre cette superficie à un total de 1 000 hectares d’ici fin 2028.

Le PNG a établi un partenariat stratégique avec la coopérative des Produits Agricoles du Kivu (COPAK), pour assurer l’achat des productions des bénéficiaires ayant respecté les normes de production durable. Ce partenariat garantit que le cacao produit répond à des normes élevées de durabilité, en offrant aux agriculteurs un marché sécurisé pour leurs produits. « La promotion de la cacaoculture durable stimule, d’une part, l’économie locale et, d’autre part, joue un rôle crucial dans la préservation de la biodiversité de la région. En cultivant le cacao de manière respectueuse de l’environnement, ces agriculteurs contribuent à la protection de la flore et de la faune exceptionnelles du paysage de la Garamba », a fait savoir Héritier Wandimoyi, spécialiste en agroforesterie et chargé de l’encadrement des cacaoculteurs bénéficiaires du parc national de la Garamba.

A en croire Richard Mumbere Kelayi, responsable de la communication du parc national de la Garamba, cette initiative est une illustration du pouvoir des efforts communautaires dans la réalisation des objectifs environnementaux et économiques. A mesure que les plantations de cacao prospèrent, elles fournissent une source de revenu stable pour des centaines des familles, réduisant ainsi la pression sur les ressources du paysage de la Garamba et favorisant une culture de la conservation de la nature dans la population locale.

Jacque Ngbamboligbe, cultivateur dans la localité de Rumu, à une quinzaine de kilomètres de Dungu, en dehors du domaine de chasse Azande, explique : « Nous avons commencé à nous intéresser à la culture du cacao il y a longtemps avec certains amis proches. Cependant, nous entendions parler du cacao sans vraiment savoir à quoi il ressemblait ni à quoi il servait. C’est ainsi que nous avons obtenu des cabosses pour la première fois grâce à nos propres démarches, et nous avons essayé de les faire germer. Nos tentatives personnelles n’ont pas réussi car il y avait beaucoup de techniques culturales spécifiques à la culture du cacao que nous ne maitrisions pas ».

Et d’ajouter : « Lorsque la parc national de la Gramba a initié des encadrements pour les cacaoculteurs, nous avons appris les bonnes pratiques. La PNG, à travers ses agronomes en partenariat avec l’ONG CDJP, nous a appris à mettre en place des pépinières villageoises de proximité pour approvisionner nos champs en plantules de cacaoyers. Ils nous ont également renseigné sur le choix du sol pour un champ de cacaoyers, le piquetage, la plantation des arbres qui fourniront l’ombre nécessaire aux cacaoyers au départ, comment planter, comment entretenir les cacaoyers au fur et à mesure de leur croissance, la récolte des cabosses, la fermentation et le séchage des fèves ».

En général, les cabosses qu’ils produisent sont achetées pour que leurs fèves servent de semences aux nouveaux volontaires ou pour le compte du partenaire COPAK. « Cela me permet déjà de gagner de l’argent ;  ce qui m’aide à subvenir aux  besoins de mon ménage et à investir dans d’autres projets. Je profite de cette occasion pour exhorter nos confrères à adopter la culture du cacaoyer pour un avenir meilleur », a conclu ce cultivateur.

Pour sa part, la Sœur Angélique Namaika, responsable de l’association Pieuse de la Bienheureuse Anuarite de la Compassion, qui s’occupe des orphelins à Dungu, a partagé l’expérience de cette association bénéficiant de l’accompagnement du PNG pour sa cacaoyère située à Lipayi : «  Nous avons eu l’idée de créer une cacaoyère, mais nous avions commencé sans les connaissances nécessaires », affirme –t-elle. C’est alors que la Parc national de la Garamba est venu à leur secours en leur enseignant des méthodes durables pour la culture du cacao.

«Ils ont commencé par nous apprendre comment choisir le terrain ; ensuite, ils nous ont fourni des semences qu’on a fait germer ensemble pour un bon apprentissage.  Ils nous ont encadrés pour le piquetage et la plantation. Notre plantation a maintenant deux ans depuis que nous avons commencé à travailler sous l’accompagnement du PNG. Jusqu’à présent, tout se passe bien. Nous entretenons notre plantation en respectant les consignes techniques reçues. Ainsi, nous rendons grâce à Dieu et remercions le PNG pour cet accompagnement », a renchérit la Sœur Angélique.

 Et ce, avant de poursuivre : « Ils nous ont donné des semences et des connaissances gratuitement, alors que cela coute normalement de l’argent. Puisse Dieu les bénir et leur donner la force de continuer à nous accompagner jusqu’à la production et aux achats, afin que nous puissions également gagner de l’argent grâce au cacao. Cet argent nous aidera à prendre soin des orphelins dont nous nous occupons. Au lieu de toujours quémander, nous aurons notre propre source de revenus. Cela aidera également les membres de l’association et les autres personnes vulnérables qui demande souvent notre assistance ».

Sœur Angélique a profité de cette occasion pour encourager les femmes à s’intégrer dans ce projet, car le développement est l’affaire de tous. L’engagement du parc national de la Garamba à promouvoir la cacaoculture durable établit un précèdent pour les initiatives similaires dans la province du Haut-Uélé. En soutenant les agriculteurs locaux et en encourageant des pratiques écologiques, le parc ouvre la voie à un avenir où développement économique et préservation de l’environnement vont de pair.

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